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Le Congo de joseph KABILA

Ce blog met en lumière le developpement politique,économique et culturelle de la République démocratique du Congo initié par Joseph KABILA et apporte des analyses, information sur l'actualité mondiale.

29 mars 2009

SARKO EN RDC

L'uranium réveille toutes les convoitises - celle de la France en particulier, dont 80 % de l'électricité est produite par les centrales nucléaires d'EDF. Dans ses voyages à l'étranger, Nicolas Sarkozy ne se contente pas de se faire le "VRP" de la technologie "made in France" (avec le réacteur EPR de troisième génération), comme l'en accusent les Verts et les associations écologistes ; il s'emploie aussi à parrainer des accords destinés à sécuriser l'approvisionnement du pays en uranium, nécessaire à la fabrication du combustible des cinquante-huit réacteurs français.

La visite du chef de l'Etat en République démocratique du Congo (RDC), au Congo-Brazzaville et au Niger, jeudi 26 et vendredi 27 mars, a donc pris une dimension énergétique importante avec la signature à Kinshasa, jeudi, d'un important accord sur l'uranium entre Areva et le gouvernement de la RDC. Le groupe nucléaire français a obtenu le droit d'explorer et d'exploiter les futurs gisements découverts dans un pays en proie à l'anarchie, mais qui détient, selon les experts, "un potentiel uranifère significatif" par sa surface et son profil géologique. La convention ne porte pas seulement sur l'exploration de la riche région minière du Katanga, mais sur l'ensemble du territoire de la RDC.

"C'est un sujet extrêmement vaste qui va prendre des années, a prévenu la présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon. Nous allons décider ensemble des priorités, aller voir ce qui est exploitable." Une commission mixte franco-congolaise y travaillera. Areva souhaite mettre en place un "partenariat gagnant-gagnant" pour valoriser ces ressources.

L'accord ouvre une brèche dans le monopole théorique que la société d'Etat Gécamines exerçait sur le secteur. Négocié en secret depuis deux ans, il efface un contrat un temps annoncé entre l'Etat congolais et Brinkley Africa, filiale du groupe britannique Brinkley Mining, rompu en septembre 2007. Il prévoyait la reprise de l'exploitation de l'énorme mine de Shinkolobwe, officiellement fermée mais soumise à une exploitation sauvage.

Au sein de l'exécutif congolais, la bataille pour l'attribution des concessions, renouvelées depuis l'arrivée de Joseph Kabila au pouvoir en 2001, fait l'objet de joutes homériques sur fond de soupçons de corruption. Mme Lauvergeon affirme qu'en Afrique comme ailleurs, Areva s'interdit ce genre de pratiques. "Nous sommes perçus comme un exploitant sérieux, sans caisse noire, qui investit, utilise des techniques sophistiquées et fait profiter les populations locales, explique-t-elle.

L'accord avec la RDC intervient après la signature entre Areva et le Niger, début janvier, d'une convention minière stratégique pour le numéro un mondial du nucléaire. La mise en oeuvre du permis d'exploitation d'Imouraren en ferait la deuxième mine du monde lors de son ouverture prévue en 2012. Elle permettra à Areva de faire passer sa production annuelle de 6 000 à 12 000 tonnes vers 2015.

La France, qui exploite l'uranium nigérien depuis cinquante ans, a été préférée au Canada et surtout à la Chine, qui cherche par tous les moyens à sécuriser l'approvisionnement des quelque trente réacteurs qu'elle construira d'ici à 2020 à raison de deux ou trois tranches par an.

Mme Lauvergeon assure, là aussi, vouloir être exemplaire et développer un "partenariat sur le très long terme" au bénéfice des deux parties. Les deux tiers des revenus d'Imouraren iront au Niger et le tiers restant à la société française, après paiement des impôts et taxes, a-t-elle indiqué. "On ne peut pas travailler dans un pays si les gens ne voient pas ce qu'on fait pour eux", note-t-elle. Les ONG regroupées au sein du Réseau des organisations pour la transparence et l'analyse budgétaire n'y croient guère et rappellent que "les populations des zones minières sont préoccupées par le phénomène de radiation et la pollution des nappes d'eau".

Après vingt ans de sous-investissement, la renaissance du nucléaire relance la chasse aux gisements, et les tensions s'exacerbent sur le marché de l'uranium. Les stocks militaires recyclés en combustible pour centrales dans le cadre des politiques de désarmement s'épuisent en effet au moment où les pays émergents (Chine, Inde, Russie...) développent leur parc électro-nucléaire. Y a-t-il pénurie en vue ? "Au rythme actuel de la consommation, les ressources identifiées peuvent approvisionner l'industrie pendant un siècle", répond l'Agence pour l'énergie nucléaire, qui dépend de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Un optimisme dénoncé par les anti-nucléaires, qui jugent que les ressources, largement surestimées, s'épuiseront vers 2030.

L'uranium est une ressource stratégique pour la France plus que pour tout autre pays. D'autant que le chef de l'Etat a confirmé le choix de l'énergie nucléaire en annonçant, le 6 février, la construction d'un second EPR, le réacteur de troisième génération, sur le site de Penly (Seine-Maritime). Il souhaite même que la France, qui affiche actuellement un déficit commercial record, exporte plus de courant grâce au développement de son parc nucléaire.

Avec ce minerai, c'est l'approvisionnement d'EDF, et donc la sécurité énergétique, qui sont en jeu. Areva lui fournit encore 40 % à 50 % de son uranium naturel, l'autre moitié étant livrée par d'autres géants miniers (BHP Billiton, Rio Tinto, Cameco...). "Nous avons une couverture à long terme qui nous amène en 2020, explique Sylvain Granger, directeur adjoint de la division combustible nucléaire d'EDF. Par chance, il y a une plus grande diversité de sources que dans le pétrole et le gaz." Et les grands gisements se trouvent dans des pays politiquement sûrs, comme l'Australie ou le Canada. Pour s'assurer l'accès à ce minerai à long terme, EDF négocie avec des groupes miniers pour co-investir dans l'exploitation de gisements en échange d'un droit d'enlèvement de l'uranium à bon prix.

Il est également vital pour Areva de diversifier ses sources d'approvisionnement. Exploitant des mines dans trois pays (Canada, Niger et Kazakhstan), le groupe détient de 20 % à 25 % du marché de l'uranium naturel. Il prospecte en Mongolie, en Libye, en Jordanie. Sa stratégie de groupe intégré sur toute la chaîne nucléaire le pousse à proposer des réacteurs, le combustible et son retraitement. Il a ainsi vendu deux EPR à la compagnie d'électricité chinoise CGNPC, mais aussi 49 % du canadien UraMin (racheté un an plus tôt), qui possède des droits d'exploitation en Afrique du Sud, en Namibie et en Centrafrique. Ce modèle intégré semble faire des émules : les fabricants de réacteurs Toshiba-Westinghouse et General Electric-Hitachi s'intéressent désormais aux mines d'uranium.

Philippe Bernard et Jean-Michel Bezat

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22 février 2009

ET LE CONTRAT CHINOIS?

la République démocratique du Congo (RDC), pays qui a pourtant permis à la Chine de s'adjuger le plus grand contrat minier d'Afrique. D'une valeur de 9 milliards de dollars (7 milliards d'euros) ce contrat a du mal à se concrétiser au point de devenir un véritable casse-tête pour la RDC.

Fondé sur le principe du "gagnant-gagnant", l'accord de troc "mines contre infrastructures" prévoit la construction de plus de 5 000 kilomètres de route et autant de voies de chemins de fer, d'une trentaine d'hôpitaux, d'une centaine de centres de santé et de quatre universités.

En contrepartie, la RDC, qui possède 10 % des réserves mondiales de cuivre, devra accorder à la Chine l'exploitation de 10 millions de tonnes d'hétérogénite (un mélange de cuivre et de cobalt) et d'or. Si Pékin a déjà débloqué près de 3 milliards de dollars, la RDC, coincée entre les appels à la prudence des Occidentaux et les prétentions chinoises, a du mal à remplir son contrat. Jusque-là, la Chine n'a pas encore exploité un seul gramme de minerai dans le cadre de ce partenariat. Selon des analystes congolais, la chute du cours des minerais y serait pour beaucoup. Le prix du cuivre était estimé à environ 8 500 dollars la tonne lors de la signature des accords ; il évolue à présent autour de 3 500 dollars, chute qui perturbe les calculs des deux parties.

La RDC est entrée en récession au second semestre 2008. Elle devra s'endetter pour faire face à la crise. Mais où trouver les fonds nécessaires sans se heurter aux exigences budgétaires du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ? Le FMI a exprimé ses craintes d'un alourdissement de la dette extérieure de la RDC qui s'élève à 11,5 milliards de dollars. Il reproche à la Chine de ne pas conditionner son aide à la mise en place d'une meilleure gouvernance et souligne des "risques de corruption et de non-transparence". Le FMI a demandé une révision de ce contrat.

Les autorités congolaises ne l'entendent pas de cette oreille. "La Banque mondiale est un conseiller de la RDC. Elle nous a fait une proposition, mais c'est à nous de décider. Le contrat chinois demeure tel quel", a affirmé au Monde, le vice-ministre congolais des mines, Victor Kasongo Omari. Le protocole d'accord légalisant ce contrat a été adopté au Parlement congolais en 2008 sans les députés de l'opposition. Minoritaires, ceux-ci ont boycotté la session, dénonçant "un nouveau contrat léonin". "Nous avons rejeté ce contrat. La RDC n'y gagne rien", explique Albert Mpeti, député du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), principal parti d'opposition. Car les firmes chinoises, exonérées d'impôts, ne contribueront pas au budget de l'Etat avant trente ans. La totalité de l'exploitation minière servira d'abord à rembourser les travaux d'infrastructures (6,5 milliards de dollars) et les bénéfices ne seront partagés qu'à très long terme sur la base de deux tiers pour les Chinois et d'un tiers pour les Congolais.

Étonnée de voir le pays "envahi" par les Chinois, la population n'a qu'une idée confuse de ce contrat. "On voit des Chinois partout, mais ils ne font rien. Pire, ils commencent à prendre nos petits boulots ; ils vendent des beignets au lieu de construire des routes. C'est ça les cinq chantiers ?", s'indigne Théthé Gbagbala, une habitante de Kinshasa, faisant allusion au programme du président Kabila baptisé "cinq chantiers (Infrastructures, Eau-Electricité, Emploi, logement, Education-santé)".

La révision du contrat sera difficile à obtenir par le gouvernement de Kinshasa, écartelé entre la crainte d'une sanction électorale en 2011, la demande de la Chine d'exécuter ses engagements et les appels à la prudence du FMI.

Adia Tshipuku

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14 décembre 2008

LISTE DES ENTREPRISES IMPLIQUEES DANS LE TRAFIC DU COLTAN

Le rapport du South Africa Resource Watch (SARW) lève le voile sur ces dizaines d’entreprises qui profitent du commerce illégal du Coltan, un mélange de Tantale et de Columbium utilisé dans la fabrication des téléphones portales et des jeux vidéos. Une activité très rentable pour les rebelles et les groupes armés qui contrôlent la région… mais une activité en marge de la légalité, qui déstabilise depuis une dizaine d’années l’Est de la RDC et alimente la guerre. Le malheur de cette région est constitué des trésors de son sous-sol.

Depuis de nombreuses années des ONG, comme Global Witness, dénoncent les dérives du commerce des minerais congolais. La nouveauté du rapport du SARW… une liste, avec les noms de ces « entreprises prédatrices ». Les sociétés sont américaines , allemandes, belges, britanniques, chinoises ou rwandaises et profitent de l’absence de l’état pour se servir dans les sous-sols congolais. Voici la liste des entreprises impliquées dans le trafic du Coltan au Kivu, publiées par SARW :

1. Commet Uganda coltan trading Mr. Salim Saleh 2. Afrimex idem Grande Bretagne 3. Amalgamated Metal Corp. id. Grande Bretagne 4. Cabot Corporation tantalum processing USA 5. Cogecom coltan trading Belgique 6. Euromet id. Grande Bretagne 7. Finconcord SA id. Suisse 8. Finmining id. Saint Kitts(Antilles) 9. H.C. Starck GmbH & Co coltan processing RFA 10. Kemet Electronics capacitor/manufacture USA 11. Malaysian Smelting Cor. coltan processing Malaysie 12. Nac Kazatomprom tantalum processing Kazakhstan 13. Ningxia Non Ferrous Metals id. Chine 14. Pacific Ores Metals coltan trading Hong Kong/Chine 15. Raremet Ltd id. Saint Kitts (Antilles) 16. SLC Germany GmbH id. Allemagne 17. Sogem id. Belgique 18. Speciality Metals Company SA id. Belgique 19. Trademet SA id. Belgique 20. Trinitechinternational Inc. id/exploitation USA 21. Vishay Sprague manufacture USA/Israël 22. Eagle Wings Resources coltan exploitation Rwanda.

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19 novembre 2008

LOBBY MINIER EN RDC?

Alors que les forces du général déchu Laurent Nkunda contrôlent une partie du territoire de la province congolaise du Nord-Kivu, mettant en lumière les faiblesses des forces armées régulières, le gouvernement de Kinshasa, à 1 500 km de là, s'efforce de réagir. Le président Joseph Kabila a limogé le chef d'état-major des armées, Dieudonné Kayembe, et l'a remplacé par le général Didier Etumba Longomba.

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) mènent parallèlement une campagne d'explication destinée à contrecarrer l'ambition du "général" Nkunda de s'ériger en interlocuteur de la communauté internationale.

"M. Nkunda n'a pas plus d'un millier d'hommes à lui, mais il est l'instrument d'un lobby beaucoup plus puissant : celui des gens qui ont pris l'habitude de piller les ressources minières de cette région. Ils veulent maintenir le chaos et sentent leurs intérêts menacés par le rétablissement de l'Etat", a déclaré au Monde le ministre de la communication de la RDC, Lambert Mende Omalanga, mardi 18 novembre à Paris.

Le ministre met en cause "pas seulement le Rwanda mais un réseau d'affairistes congolais et étrangers" impliqué dans l'exploitation et le commerce du coltan, ce minerai utilisé notamment dans la fabrication des téléphones portables. M. Omalanga met en cause les Hutus rwandais du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR), d'anciens génocidaires présents en RDC depuis 1994. Le ministre estime que "la communauté internationale doit nous aider à régler un problème qu'elle a elle-même créé" et demande un renforcement des casques bleus.

Enfin, l'officiel congolais souligne que "ce n'est pas un hasard" si l'offensive de Laurent Nkunda a lieu en période de transition du pouvoir à Washington. "Le moment, dit-il, a été soigneusement choisi, comme en 1998", lorsque Rwanda et Ouganda se livrèrent au pillage de l'est de la RDC.

source: lemonde

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01 octobre 2008

RDC nouveaux passports biometriques

La RD Congo dispose désormais d'un nouveau passeport biométrique qui sera mis en circulation à partir du mois de novembre 2008.

Selon la chancellerie du ministère congolais des Affaires étrangères qui a donné mardi cette nouvelle à la presse, la caractéristique particulière de ce nouveau passeport biométrique est le port de l'empreinte digitale du voyageur congolais.

Les autorités congolaises ont voulu mettre à la disposition du voyageur congolais un passeport répondant aux normes internationales.

source xinhua

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21 août 2008

LA RDC PROJETTE DE CONSTRUIRE 33 AGGLOMERATIONS

appartements

KINSHASA, 20 août (Xinhua) -- Le gouvernement de la République  démocratique du Congo (RDC) a décidé de construire 33 nouvelles  agglomérations. 

     L'annonce a été faite mercredi à Kinshasa par le ministre de  l'Urbanisme et Habitat, Sylvain Ngabu, qui a précisé que cette  option s'inscrit dans la politique de désengager les centres  urbains. 

     Les nouvelles villes à construire sont appelées à répondre aux  exigences minimum que requiert le concept moderne de ville, en  termes non seulement d'infrastructures de desserte, d'équipement  socio-colectif, mais aussi l'implantation des activités visant  l'équilibre du radio-emploi-population, a relevé le ministre de  l'Urbanisme et Habitat. 

     Pour la réalisation de ce projet, le ministère de l'Habitat a  retenu quatre axes stratégiques: l'organisation du secteur du  logement qui implique, outre la création de nouvelles villes,  l'amélioration du parc immobilier existant par la reconstruction  des quartiers insalubres et le renforcement de la base économique  des villes à créer, et la maîtrise du développement urbain par la  planification et la préparation des terres urbanisées.

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15 août 2008

REUSSIR AU VILLAGE EN RDC

Depuis peu, de nombreux jeunes quittent Kinshasa, où la vie devient chaque jour plus dure, pour aller tenter leur chance dans les villages. Dans le Bandundu voisin, leur courage et leur volonté les aident à réussir, ce dont ils sont aujourd'hui très fiers...

Kwamouth, bourgade de la province de Bandundu. Nous sommes au confluent du fleuve Congo et de la rivière Kasaï, à 155 km à l'est de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Ce samedi matin de septembre 2007, des jeunes, dont la moyenne d'âge ne dépasse pas 25 ans, bagages sur la tête ou tirant des pousse-pousse remplis de produits manufacturés et agricoles, convergent vers la place du marché.

Leur empressement met de l'animation dans cette localité de moins de 5 000 âmes, ceinturée par une dense végétation et d'habitude calme. On reconnaît facilement à leur élégance les natifs de Kinshasa, sapés comme des stars. _Aujourd'hui, c'est le jour du marché hebdomadaire_, s'empresse de préciser Jean-Pierre Kabangu, 20 ans, élancé et de teint clair. _Ce marché a la particularité d'être tenu à majorité par des jeunes Kinois. Ils sont au moins 200 ici_, précise-t-il.

Les statistiques officieuses les plus optimistes indiquent pour la capitale un taux de chômage d'environ 60 %. Ces jeunes ont donc courageusement décidé de venir se "débrouiller" dans des villages du Bandundu, province proche de Kinshasa, dont Kwamouth est un carrefour fluvial vital. _Cette localité est proche de Ngabé, bourg de l'autre berge du fleuve Congo. C'est la porte d'entrée pour ceux qui préfèrent aller vendre leurs produits au Congo Brazzaville_, explique Émery Baseke, commissaire fluvial en charge de la localité. Les échanges commerciaux, très lucratifs entre les deux rives du fleuve, attirent en effet ces jeunes venus de la capitale, que les villageois appellent "colons_. _Ici, nous sommes loin de l'oisiveté ambiante de Kinshasa, constate Dieu Kingueshi, qui vient de la commune kinoise de Masina. Les activités génératrices de revenus ne manquent pas. Nous faisons des travaux champêtres, l'élevage et surtout le commerce.

Le déclic angolais
Nombre de ces jeunes font partie des différentes vagues de Congolais expulsés d'Angola, durant les cinq dernières années. Partis y chercher fortune dans le diamant, ils en ont été massivement refoulés et sont rentrés souvent sans le sou dans leur pays. _Je ne rêvais que de faire fortune et de retourner à Kinshasa pour y mener une vie de pacha", avoue Chico Lomanga, l'un des expulsés. Une fois rentré à Kinshasa, il a très vite opté pour l'exode urbain, afin, dit-il, d'éviter les moqueries et humiliations de ses proches en ville. Aujourd'hui, il est propriétaire d'une plantation de maïs de plusieurs hectares à Nioki, une localité en amont de Kwamouth.

Certains de ses compagnons d'infortune ont pourtant mis du temps avant de se décider. _J'ai passé six mois sans la moindre occupation à Kinshasa. C'était pénible. C'est lorsque j'ai vu d'autres refoulés d'Angola réussir dans des villages que j'ai pris mon baluchon pour venir à Kwamouth_, raconte Giresse Kafuti, qui tient, lui, une ferme.

Passer de la vie de citadins à celle de villageois n'a pas été facile pour ces Kinois. Mais aujourd'hui, pour beaucoup d'entre eux, le sacrifice s'est avéré payant. La réussite est là. Assise devant son motel derrière la mairie, Marie-Jeanne Mbonda a de quoi pavoiser. Quand je suis arrivée ici, il y a une dizaine de mois, je n'avais que ma volonté de réussir, explique-t-elle. Après plusieurs navettes entre Kwamouth et Nioki où j'allais acheter du poisson que je revendais à Ngabé, j'ai pu économiser et acheter le terrain qui m'a permis de construire ce motel. Je vis dix fois mieux ici qu'à Kinshasa.

La volonté, la réussite
À Esabe, une ferme créée par des Kinois à 5 km de Kwamouth, l'optimisme et la satisfaction sont bien réels. Entourés de leurs épouses, Diégo et Tarcisse, qui, à eux deux, n'ont pas cinquante ans, savourent presque le bonheur. _Quand nous sommes arrivés ici, c'était presque une folie, se souvient Tarcisse. Les gens nous ont dissuadés de nous installer dans cette brousse que l'on disait maudite. Mais nous avons tenu et peu à peu nous avons travaillé à monter cette ferme qui nous permet aujourd'hui d'être autonomes. Nous cultivons du maïs, du manioc, de l'arachide et élevons des chèvres, des cochons, des poules

Grâce à leur abnégation et surtout à une remise en cause de la culture kinoise de l'oisiveté et de l'ambiance à tout va, Diégo, Tarcisse et des dizaines de ces jeunes ont relevé le défi de réussir leur vie à Kwamouth. Aujourd'hui, ils sont responsables, autonomes et peuvent même prendre femme à leur guise. Une éventualité qu'ils ne pouvaient guère envisager en vivant désoeuvrés dans la capitale. Un mirage qui continue, pourtant, à attirer toujours des milliers de villageois ! source: direct.cd

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